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Quatrième Partie
5h15 Blue Cove. Superbe propriété de Parker.
Le téléphone sonne. Evidemment à
cette heure-là elle dort. Elle se lève pour décrocher, au passage se cogne sur
la commode, ce qui la fait répondre d’une façon très désagréable, comme
d’habitude en fait.
Parker : quoi ? Il
est 5h15 du mat alors j’espère que l’abruti qui m’appelle a une sacrée bonne
raison pour le faire !!
Broots : c’est moi
l’abruti…
Parker : je m’en doutais à
vrai dire. Alors, vous avez fait un cauchemar ? Vous voulez que je vienne
vous border, vous rassurer ? C’est encore ce rêve avec Raines ? (nous
n’aurons pas plus de détails à ce sujet)
Broots : ah oui c’est pas
de refus…euh je voulais dire non, non c’est pas ça…
Parker : alors quoi nom de
Dieu ?
Broots : on a retrouvé la
trace de Jarod !!
Parker : mais il fallait
le dire avant pauvre clown !!! Alors où est-il ?
Broots : Las Vegas, « Dirty Trick motel ».
Parker: très bien, faites
préparer le jet, dans 45 minutes je suis là.
Broots : ok, je vous
attends.
Parker : vous pouvez vous
rendormir, je n’ai pas besoin de vous…
Broots : mais…mais…Melle
Parker, vous êtes sûre que… ?
Parker ne lui laisse pas le
temps de réagir, elle a déjà raccroché…tut tut tut tuut…C’est ça les femmes
actives de nos jours…
La narratrice vous passe le
résumé d’un vol plus qu’ennuyeux…sachez seulement que « grâce » à
Parker, une hôtesse à décider de changer de métier, une banale histoire de
pénurie de cacahuètes ayant tourné au drame…
9h43, Parker descend de
l’avion, elle est « légèrement » sur les nerfs. Elle se dirige avec
assurance vers un taxi dont le chauffeur la regarde arriver dans son rétro…Il
met le plan de drague en action…Le pauvre, il ne sait pas à qui il a à faire.
Parker : Dirty Trick motel
et que ça saute !!!
Taximan : j’ai bien envie
de vous répondre par un p’tit jeu de mot mais ça serait pas correct envers une
jolie jeune femme comme vous…
MP : alors gardez-vous
bien de le faire et contentez-vous de me conduire là-bas, faites votre boulot,
rien d’autre…Vous êtes chauffeur pas comique !!
Taximan : ok, j’voulais
juste vous mettre en garde mais si vous allez là-bas, c’est qu’on vous y
attend…C’est pas le genre d’endroit…
MP : …à fréquenter pour
quelqu’un comme moi, je sais déjà tout ça, merci !
Taximan : trop fort, vous
avez dit exactement ce que j’allais dire !!!
MP : je sens que je vais
vous flinguer les quatre pneus en descendant !!!
Taximan : bah y a pas
intérêt parce que sinon je vais devoir porter plainte contre vous et
franchement ça m’briserait le cœur…
MP : alors la ferme et
roule !!!
Taximan : ok ma poule, je
roule…J’fais qu’ça de rouler…Faudrait que je prenne ma retraite un de ces jours
parce que je passe trop peu de temps avec…
MP : …votre femme et votre
fils, je sais !!
Taximan : vous avez
enquêté sur moi ou quoi avant de monter dans mon taxi ?
MP : irrécupérable ce mec…
Et le trajet s’est poursuivi ainsi
entre les blagues douteuses du taximan et les répliques cinglantes de notre
chère Miss Parker…
10h01, Dirty Trick motel. L’endroit est
plus que douteux…Parker lève les yeux vers l’enseigne clignotante rose fluo,
elle est à moitié décrochée, un fil pend même dans le vide. Ne parlons pas de
la peinture du bâtiment qui s’effrite chaque jour un peu plus…
Elle rentre dans le motel et
d’instinct elle s’apprête à aller vers l’ascenseur sauf qu’elle est interrompue
aussitôt par le gérant du motel…
Gérant : excusez-moi, je
peux vous aider ?
MP : pas la peine, je sais
où je dois aller…
Gérant : oh je vois, vous
êtes Parker, autant dire une habituée…ne prenez pas l’ascenseur, il est en
panne…
Curieusement, elle ne réplique
pas, elle semble plongée dans ses pensées, elle effectue un simple hochement de
tête puis va vers l’escalier. Quelqu’un en descend, une pauvre vieille femme
aveugle. Melle Parker prend pitié d’elle et l’aide à descendre les dernières
marches.
Femme : merci
mademoiselle, Dieu vous bénisse…
MP : non, madame, Dieu
vous bénisse vous et vous protège.
Femme : c’est trop
aimable.
MP : bonne journée madame…
Femme : vous aussi, et
elle risque même d’être excellente…
MP n’a pas le temps de lui
répondre qu’elle s’est volatilisée…Bizarre pour une femme censée être aveugle…
MP réfléchit quelques instants
puis elle reprend ses esprits et va droit à la chambre 69.
Elle entre mais la pièce est
vide…Se serait-elle trompée ? Elle avait pourtant le sentiment d’être déjà
venue ici mais quand, comment, dans quelles circonstances et surtout pourquoi
ne se rappelait-elle de rien ? Machinalement, elle se dirige vers la
fenêtre, et elle se met à penser à ce qui est arrivé au cours de ses dernières
années dans sa vie…Tant de rêves brisés, de cruelles déceptions, d’amères
désillusions…Alors qu’elle avait trouvé le bonheur avec Thomas, voilà que le
destin s’acharnait sur elle, lui ôtant la seule personne à qui elle tenait
véritablement…L’homme qui avait su lui redonner le sourire et offert une
seconde chance de recommencer sa vie à zéro avait été victime d’une horrible
machination visant à la ramener vers le Centre…Comment avait-elle pu accepter
cela ? N’était-elle pas en train de se mentir à elle-même en refusant de
voir la vérité en face ? Décidément, elle n’avait jamais fait les bons
choix dans sa vie…Il y avait toujours eu quelqu’un pour influencer ses
décisions et l’empêcher d’accomplir ce qu’elle souhaitait vraiment faire. Mais
comment se soustraire à l’emprise que ces personnes avaient sur elle ? Où
puiser la force et le courage de leur faire face et de dire qu’elle en avait
assez de tout ça ? Non, elle avait déjà trop lutté…Et pourtant… Les
personnes qui comptaient le plus pour elles avaient sacrifié leur vie pour la
sortir de cet enfer…Ne pouvait-elle pas honorer leur mémoire en finissant ce
qu’ils avaient commencé à accomplir ? Si seulement…
Le cheminement de sa pensée
s’arrête soudain, stoppé par l’air d’une musique provenant d’une chambre
voisine…ou non, il semble que c’est quelqu’un qui essaie de reproduire pathétiquement
les paroles…
“Some people call me the space cowboy, yeah,
Some call me the gangster of love
Some people call me Maurice, woo, woo…”
MP se croit tombée dans un des
ces mauvais films où rien de ce qui arrive ne peut plus vous étonner tellement
vous êtes blasés…
Mais elle a bien envie d’aller
dire au plouc de la chambre d’à côté de baisser le son et d’arrêter de se
prendre pour un chanteur parce que ça n’est vraiment pas un métier pour
lui !!
Qu’à cela ne tienne, elle
décide de ne pas y aller par quatre chemins, elle enfonce la porte avec un bon
coup de pied et se retrouve face à face avec Jarod affublé d’un chapeau de
cowboy, tranquillement assis dans un fauteuil, sirotant un verre et n’attendant
visiblement qu’une chose depuis un bon moment déjà : que MP franchisse le
seuil de la porte…
Que la fête commence…
Narratrice : excusez moi,
je me suis laissée emportée dans le feu de l’action, mais je m’ennuie
tellement. Tout ça est bien trop…shipper pour moi…LOL Enfin, refermons cette
parenthèse et poursuivons.
Jarod : enfin…j’ai cru que
tu n’allais jamais franchir cette porte.
MP : parce que tu
m’attendais ?
Jarod : évidemment…je ne
chantais pas pour le plaisir, je le faisais pour que tu réagisses…
MP : là c’est sûr qu’avec
ta voix mélodieuse qui m’envoûtait les tympans, je ne pouvais que
réagir !!
Jarod : je suis doué pour
presque tout sauf pour le chant…C’est bizarre, non ?
MP : Jarod, arrête tes
plaisanteries, je te ramène au Centre…
Jarod : non, je ne crois
pas…
MP : et tu peux me dire ce
qui m’en empêcherait ?
Jarod : au fond de toi je
sais que tu connais la réponse…il ne tient qu’à toi de changer le cours des
choses.
MP : voilà que tu
recommences, toujours le même discours…
Jarod : tiens, tu viens de
faire remarquer un détail intéressant…
MP : quoi ? que tu
répètes toujours la même chose ? Je ne vois pas ce qu’il y a de fabuleux
là-dedans…
Jarod : tu n’as donc rien
remarqué, ce qui se passe depuis ce matin…
MP : j’ai juste eu
l’impression d’avoir déjà vécu quelques situations mais à part ça, rien
d’extraordinaire…pas de quoi grimper aux murs…
Jarod : hum, Parker,
est-ce que ça serait une proposition ?
MP : tu peux toujours
rêver si ça t’amuses…
Jarod : tu ne crois pas
qu’il serait temps que tu oses affronter ta famille et que tu leur dises en
face que tu en as assez de cette vie ?
MP : Jarod, arrête…je n’ai
pas envie de t’écouter…
Jarod : est-ce que la
vérité est si dure que ça à entendre ? Tu as tellement peur ? Je suis
là, je peux t’aider à fuir cet enfer…
MP : tu t’es toujours pris
pour un justicier…une sorte de vengeur masqué…laisse tomber la cape,
Superman…qu’est-ce que ça t’apporte de vouloir aider les autres ?

Jarod : quand j’aide une
personne, le simple fait de voir son visage s’illuminer est pour moi le plus
grand des bonheurs…Je suis heureux de pouvoir apporter mon soutien aux gens qui
en ont besoin…
MP : mais toi, qui t’aide
quand tu en as besoin, personne que je sache !!!
Jarod : tu te trompes sur
toute la ligne Parker…Tout le monde ne ressemble pas aux personnes qui se trouvent
au Centre…Si on sait regarder autour de nous, il y a toujours quelqu’un pour
vous aider…tend la main aux autres et ils sauront t’aider à leur tour…
MP : merveilleux…c’est à
mettre dans les pages roses du dico en tant que nouvelle citation prononcée par
le Grand Jarod, génie du 21ème siècle !!!
Jarod s’approche d’elle,
il lui prend la main.
Jarod : il serait temps
que tu baisses ta garde, et que tu ouvres enfin les yeux sur ce qu’il y a en
face de toi…
MP : en face de moi je ne
vois que toi (la narratrice est à ce moment précis morte de rire mais elle ne
sait même pas pourquoi LOL)
Jarod : ferme les yeux…(la
narratrice se tord de rire, bon il faut que je me calme, inspiration,
expiration)
MP : et puis quoi
encore ?
Jarod : close your eyes, give me your hand, darling, do you feel my
heart beating ? Do you understand? Do you feel the same? Or am I only
dreaming?
MP : tu me fais quoi
là ? Soirée karaoké ? La fureur ?
Jarod : mais non (la
narratrice est morte de rire quand elle écrit « mais non », mystère…)
MP : alors quoi ?
Jarod : je te dis que je
t’aime, et je te demande si tu ressens la même chose que moi.
MP : oh ben ça y a pas de
risque…tu es en plein dream là…
Jarod ne tient plus en place.
(il va se jeter sur elle vous croyez ?)
Il s’approche tout près, tout
près, oh y a vraiment pas plus près…Et…rien du tout. Parce qu’on entend des
pneus crisser à l’extérieur du motel et que Jarod sait ce que ça signifie. Il
se barre…euh pardon, il s’éclipse.
MP : Jarod !!! attend!!!
Mais Jarod est déjà loin…
Lyle arrive dans la chambre.
Lyle : où est-il ?
MP : comme d’habitude,
envolé…
Lyle : tu l’as
aperçu ?
MP réfléchit un instant avant
de dire :
MP : tu crois que si
j’avais pu le voir, je l’aurais laissé filer ? Tu me prend pour une idiote
ou quoi ?
Lyle : en tout cas, je
connais sa prochaine mission…
MP : ah oui ?
Lyle désigne le chapeau resté
sur le fauteuil : cowboy !!
MP : très drôle…
Lyle sort (je le vire, il
m’énerve).
MP regarde autour d’elle et
sent comme un grand vide…La solitude se fait de plus en plus pesante. Elle
aurait voulu savoir accepter les avances de Jarod mais sans doute par fierté,
elle l’a repoussé…Elle murmure son nom sans s’en rendre compte :
« Jarod… »
Comme par enchantement…
Jarod : oui ?
MP sursaute, elle le regarde
mais croit être en plein dans un rêve.
Jarod : aurais-tu changé
d’avis ? Serais-tu prête à me suivre ? A tout quitter ?
MP s’approche de lui, le
regarde intensément dans les yeux (whaaa, ooops, sorry).
Jarod lui prend tendrement la
main, elle ne le repousse pas cette fois-ci…
MP : Jarod, je crois que…
Jarod : chut…
Il l’embrasse longuement, très
longuement…(qui a demandé combien de minutes ? LOL)
Il arrête de l’embrasser…enfin
il reprend plutôt son souffle lol
Jarod : si tu veux partir
avec moi, c’est maintenant ou jamais.
MP : Jarod, c’est une
décision trop difficile à prendre…Que vais-je devenir si je quitte le
Centre ? Que va-t-il advenir de nous ensuite ?
Jarod : tu te poses trop de
questions…Vis ta vie au jour le jour…Prend-la comme elle vient et soit
heureuse. Je t’aime et je crois que tu m’aimes aussi…cela n’est-il pas
suffisant ?
(la narratrice qui est
normalement anti-shippeuse commence sérieusement à en avoir marre d’écrire des
niaiseries pareilles, aussi va-t-elle abréger sa souffrance LOL)
MP : tu as raison je
t’aime et ce depuis le 1er jour où je t’ai aperçu…J’ai toujours su
que nos destins étaient liés mais je ne voulais pas y croire, je fermais les
yeux…
Jarod : enfin tu les
ouvres et tu vois la vérité…Viens partons, nous n’avons que trop tardé déjà…Il
est temps de rattraper le temps perdu…
MP : j’irai où tu iras…(la
la la…bon, d’accord je me tais…Pffff)
Ils sortent. Mais où vont-ils donc ? Ils sont les seuls à
connaître la réponse. Mais sachez qu’on est à Las Vegas et que c’est la ville
des amoureux et d’après les statistiques…non pas de statistiques. C’est
anti-romantique et ça ne laisse aucune place à l’imprévu. Alors je vous laisse
aisément imaginer la fin de cette formidable histoire…
En tout cas, inutile de vous dire que cette journée sans fin
a pris…fin car MP et Jarod avaient enfin (sans jeu de mot aucun LOL) accompli
leur destinée…ou plutôt celle que les shippeuses (dont une anti-shippeuse)
souhaitaient leur voir accomplir.
Maintenant laissez-moi vous souhaiter à tous une très joyeuse
Saint Valentin et aux célibataires : puissiez vous trouver l’âme sœur et
être heureux…LOL
>>FIN DE
LA FIC